Bonjour Jérémie, pourrais-tu nous présenter ton parcours et nous parler de l’histoire de Crocotame ?

J’ai toujours aimé dessiner, depuis tout petit je voulais être dessinateur de Bande-dessinée. J’ai donc logiquement suivi des études dans cette direction, un BAC Arts Appliqués, quelques années en école d’illustration comme Emile Cohl Lyon, même si je n’ai pas terminé le cursus. Puis la vie m’a rappelé qu’il fallait payer ses factures, donc je me suis lancé dans la vie active avec des petits boulots, vente de confiserie dans un cinéma, vendeur dans un magasin de jeux de rôle, de société, de figurines… Puis, quand le magasin a fermé, je me suis relancé dans le graphisme avec une formation pour me remettre dans le bain. J’ai eu l’occasion de travailler chez Ankama, pour les magazines de la marque, puis après quelques autres postes et expériences dans l’illustration plus ou moins concluants, j’ai atterris chez Holy Grail Games, pour mon premier travail dans le jeu de société. C’est là que j’ai fait la rencontre de Joëlle qui était leur illustratrice depuis plus d’un an. Une chose en entraînant une autre, nous avons fini par nous rapprocher et quand l’annonce de la fermeture d’Holy Grail est tombée, se lancer à notre compte nous a paru évident.
Pour faciliter la facturation de nos clients, on a pris le parti de se regrouper sous un seul nom, trouvé un peu dans l’urgence : Crocotame
Puis nous nous sommes lancés dans le grand bain en démarchant les éditeurs au Festival des jeux de Cannes, c’est là que nous avons trouvé notre tout premier client, Helvetiq qui nous a proposé d’illustrer l’un de ses jeux pocket, Odin, qui l’année d’après gagnait l’As d’or. Un vrai petit conte de fée pour nous ! Depuis un peu plus de 3 ans maintenant, nous continuons à illustrer exclusivement des jeux de société et on croise fort les doigts pour que ça dure le plus longtemps possible.

Qu’est-ce qui t’attire dans le monde du jeu de société ?

J’ai toujours été attiré par le monde du jeu, j’ai commencé le jeu de rôle à 11 ans, et tout petit déjà, nos parents nous faisaient jouer à des jeux de société comme « Voyage en France », le « Monopoly » ou le « Cluedo » pour les plus connus. Ensuite sont arrivés « Risk », « Magic » et les wargames comme « Epic », « Warhammer » et plus tard, « Confrontation ». C’est donc naturellement que l’un de mes premiers boulots fut de vendre ces mêmes jeux au grand public. Ce qui me plaît le plus dans ce milieu c’est qu’il faut toujours se renouveler pour proposer de nouvelles choses aux éditeurs et aux joueurs/joueuses. Trouver des petits tips pour ajouter un peu de fantaisie dans l’ergonomie ou le matériel… Un métier où on ne s’ennuie jamais !

Comment t’es venue l’envie de devenir illustrateur de jeux de société ?

J’avais un projet de petit jeu de cartes dans les années 2010 que je voulais également illustrer, mais plus comme un défi, pas comme un objectif de travail à proprement parler. Puis la vie m’a poussée sur le chemin de l’illustration de jeux de société, un peu par hasard, au fil de mes expériences professionnelles et de mes rencontres. En tout cas, une chose est sûre, je remercie tous les gens qui m’ont encouragé dans cette voie et qui ont cru suffisamment en moi pour me laisser une chance de me prouver que je pouvais le faire.

Comment s’est passée la création des illustrations ? Des différentes étapes d’échanges avec l’éditeur ?

Pour Diamangue, la création des illustrations s’est passée de la meilleure des façons. Après avoir discuté avec l’équipe de Pandor, j’avais une idée assez claire de ce que je voulais proposer graphiquement pour ce jeu. J’ai fait quelques essais que j’ai partagés à Thomas et Guillaume. Ils m’ont demandé quelques ajustements sur ces premiers tests et ensuite tout a coulé tout seul. On était tous d’accord sur ce à quoi devait ressembler le jeu et au final je n’ai qu’un ou deux personnages qui ont vraiment réclamé plus de retouches. Un vrai plaisir !

Pour Diamangue, quelles ont été tes inspirations visuelles pour donner à chaque entité ce caractère humoristique ?

Probablement beaucoup de choses que j’ai pu voir par le passé et qui se sont rappelées à moi plus ou moins consciemment j’imagine. Je n’ai pas fait de recherches particulières sur ce projet, les noms des personnages étaient déjà dans le jeu et ils inspiraient pas mal de choses à eux seuls donc, je me suis juste mis devant ma tablette et j’ai laissé parler mon inspiration.

Est-ce que le fait de jouer au jeu t’a aidé pour la création visuelle ?

Jouer au jeu qu’on illustre est toujours important selon moi, cela permet de comprendre les contraintes techniques et l’ambiance que dégage la mécanique. Les jeux dont je suis le moins fier sont souvent ceux auxquels je n’ai pas pu jouer. Pour Diamangue, la thématique familiale et party game du jeu a fortement impacté le choix du style graphique.

Quelle est ton illustration de Diamangue préférée ?

Question difficile, probablement la Citronçonneuse ou la Poirévélation, deux illustrations aux antipodes l’une de l’autre mais je pense que ce sont les plus réussies… mais si je ne devais n’en choisir qu’une… je pencherais pour la Citronçonneuse.

Tu as des projets sur lesquels tu travailles en ce moment ?

En ce moment, je suis sur 4 projets qui devraient se terminer d’ici la fin de l’année et Joëlle de son côté en a au moins autant, mais aucun sur lequel on est autorisé à communiquer pour le moment, cultivons le secret, mais vous devriez voir quelques Crocotames sauvages apparaître sur les étagères de vos boutiques d’ici 2027.
On espère prendre de vraies vacances d’ici la fin de cette année !

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